Il était un peu comme un miroir inversé, le reflet de ce qui manquait au PSG. Sur la pelouse du Parc des Princes, il y a une semaine, Robert Lewandowski a justifié son statut d’attaquant de classe mondiale, et ce sans un but ni une passe décisive, une rareté qui l’est de moins en moins pour lui. L’avant-centre a activement participé à la victoire du FC Barcelone, en quart de finale aller de Ligue des champions (2-3), en s’appuyant sur son vécu, sa science du jeu, sa qualité technique et sa mobilité malgré ses 35 ans.

De par ses décrochages et son jeu dos au but, Lewandowski a fait vivre un calvaire à Lucas Beraldo, incapable de le suivre. Le Polonais a multiplié les dézonages pour faire sortir la défense parisienne et orienter le jeu. Le premier domino d’un déséquilibre qui, sur le premier but, a forcé Gianluigi Donnarumma à une intervention hasardeuse loin de ses six mètres, cause immédiate de l’ouverture du score de Raphinha (37e).

À VOIR AUSSI – Le joli but de Lewandowski lors de Real-Barça en finale de la Supercoupe d’Espagne en janvier dernier (4-1)

Sans surjouer, Lewandowski a mis ses coéquipiers plus véloces et percutants dans les meilleures dispositions. «Il y avait des duels devant, Robert l’a très bien compris et nous avons laissé des duels en un contre un avec Lamine (Yamal) et Raphinha», a analysé l’entraîneur barcelonais Xavi. Dézoner, c’était aussi la mission de Marco Asensio, titularisé en faux N.9 par Luis Enrique côté parisien. L’influence de l’Espagnol a été quasi nulle, et ce n’est qu’après sa sortie à la mi-temps (remplacé par Bradley Barcola) que l’attaque du PSG a animé la partie.

Un comble pour Paris qui, l’été passé, a dépensé 65 M€ pour Gonçalo Ramos, et 90 M€ pour Randal Kolo Muani. Face au Barça, le Portugais est entré à la 85e minute, alors que le Français est resté sur le banc. La titularisation d’Asensio n’avait rien d’insensée : l’Espagnol est plus à l’aise dans le jeu combiné, plus épanoui dans un rôle d’électron libre que ses deux concurrents à ce poste. Des qualités dont ne manque pas non plus le tout-terrain Lewandowski.

Il y a même un peu d’ironie à déceler. En 2021, Lewandowski s’interrogeait déjà sur son avenir au Bayern Munich, et le PSG se tenait prêt à l’accueillir, surtout en cas de départ de Kylian Mbappé. Finalement, Mbappé est resté et c’est… Lionel Messi qui a renforcé Paris. Bis repetita en 2022 où le PSG rêvait de doubler le Barça sur le fil en plein mercato estival. Ça n’a pas marché, le Bayern a vendu Lewandowski pour 45 M€ aux Blaugranas.

Il y a apporté une flopée de buts (53 en 87 matches), mais aussi une riche expérience. Pas le plus vocal, le vice-Ballon d’Or 2021 n’en reste pas moins une voix qui pèse dans un vestiaire. «C’est un leader naturel», estimait Xavi en janvier dernier. Là aussi, sans empiéter sur l’expression des autres talents de la ligne d’attaque.

Tout n’était pourtant pas rose cet hiver. Lewandowski a été secoué par Xavi pour son manque d’engagement défensif en fin d’année 2023. Il cherchait encore son rythme, lui qui a souffert d’une entorse à la cheville gauche le 4 octobre contre le FC Porto, et dont il est revenu vite, peut-être trop. L’ancien de Dortmund n’avait été que rarement trahi par son corps en près de quinze années au plus haut niveau. Contre le PSG, Xavi a été satisfait du «pressing» des siens, «à commencer par Robert et (Ilkay) Gündogan». Un point, là aussi, où tous les attaquants parisiens n’ont pas été au rendez-vous.

Reste à voir désormais quel Lewandowski sera aligné au stade olympique de Montjuïc mardi. Sera-ce le pur buteur, l’organisateur, le pivot ? Quels ajustements de la part du PSG, et quelle réponse du Barça en retour ? Le capitaine de la sélection polonaise était suspendu contre Cadix samedi (victoire 0-1) et sera donc à 100% pour l’échéance majuscule du Barça, 2e de Liga sans vraiment croire pouvoir rattraper le Real Madrid.