Le gouvernement a tenté de préparer les esprits, en vain. Dévoilé ce mardi matin par l’Insee, le déficit public s’établit désormais à 5,5%, au-delà des 4,9% initialement annoncés par Bercy. La dette publique s’élève quant à elle à 110,6%, contre 111,9% fin 2022. Un dérapage des finances françaises que Bruno Le Maire entend bien contrôler. Invité ce mardi matin sur RTL, le ministre de l’Économie et des Finances, aux manettes de Bercy depuis sept ans, s’est montré confiant. «Croyez-moi, ma détermination à rétablir les finances publiques et à repasser sous les 3% de déficit public en 2027 est intacte, je dirais même qu’elle est totale», a-t-il assuré. Une «détermination» insuffisante pour les oppositions, qui ont dénoncé à l’unisson l’incompétence budgétaire du gouvernement.

À droite d’abord, où l’on porte le récit d’une France sur «le même chemin que la Grèce». Éric Ciotti, président des Républicains (LR) et auteur de cette comparaison, a renchéri ce mardi sur X : «5,5% de déficit et 110,6% de dette publique : la dernière symphonie du Mozart de la finance ressemble au chant du cygne. Monsieur Macron est comptable de ce bilan désastreux !» Même référence railleuse au célèbre compositeur autrichien chez le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, qui ironise ce mardi sur LCI : «Les deux mandats d’Emmanuel Macron, qu’on qualifiait de Mozart de la finance, risquent de s’achever sur un requiem pour les finances publiques.»

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À gauche, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, invité de «Télématin» sur France 2, a pointé «un désaveu cinglant pour le gouvernement». Et d’exposer les «deux solutions pour essayer d’améliorer la situation» : «Il y a la solution dans laquelle s’engage aujourd’hui le gouvernement, c’est-à-dire (…) une saignée sans précédent sur les dépenses publiques, et je pense que le pays ne s’en remettrait pas. Il y a une deuxième possibilité, c’est d’augmenter les recettes de l’État.» L’Insoumis a ensuite appelé à «des hausses d’impôts sur les plus riches». Dans son sillon, le président LFI de la commission des finances au Palais Bourbon, Éric Coquerel, a enjoint le gouvernement à «aller chercher des recettes dans les poches de ceux que Macron a gavé de cadeaux fiscaux et d’argent public depuis 2017.»

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Même son de cloche chez le communiste Fabien Roussel, qui dénonce un gouvernement composé d’«escrocs en col blanc». «Ces gens-là ont baissé le budget de l’État parce qu’ils ont fait des cadeaux impossibles aux plus riches, au capital, aux dividendes, au CAC40», s’est indigné le secrétaire national du PCF, invité de la matinale de TF1 ce mardi. De son côté, la patronne d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) Marine Tondelier estime que «le sujet n’est pas le nombre de milliards d’euros de dette, mais pourquoi on s’endette». Défendant l’idée d’une «bonne dette», l’écologiste réclame des investissements massifs dans la transition écologique.